Daisuke Ichiba, dessinateur de contre-culture inclassable

05.10.2018

Dans son travail imprégné de mélancolie, la conscience aiguë de la mort et du mal se dégage de scènes en apparence anodines : un banquet anthropophage (sans nourriture visible), une scène de crime (sans cadavre) ou encore deux amants sur la plage (sans rien qui laisse présager le drame).

Il faut dire que Daisuke Ichiba appartient à cette génération d’artistes fortement marquée par l’âge d’or du manga. Recycleur de génie (il a tenu pendant des années une boutique de vêtements et de mangas d’occasion dans le quartier de Kōenji à Tokyo), il a donné ses pages les plus noires à la contre-culture otaku. Son héroïne, une mystérieuse jeune femme en jupe plissée, porte un pansement sur l’œil et manipule un couteau.

Naviguant aux frontières de l’art contemporain, du comic book, de la poésie noire et des musiques bruyantes, il se définit lui-même comme le peintre de la beauté (bijin-gaka). Une beauté souvent maladive, où des écolières borgnes et impassibles côtoient des animaux morts.

Afin de mieux cerner le personnage, son art et ses visions, le livre Daisuke Ichiba, l’art d’équilibrer les dissonances, richement illustré en version trilingue (français, anglais et japonais), est un indispensable.