Les cendres du Tohoku ressuscitent son avenir
Masaru Tatsuki publie sa nouvelle série de photos “Tohoku”, montrant le lien entre coutumes et culture japonaise universelle.
DECOTORA de Masaru Tatsuki, une série de photos sur des camions décorés de manière extravagante, continue à le faire voyager dans les contrées du Tohoku au Japon. Il a sillonné Aoyama et Akita pour le projet et il a songé : « quand je vois les paysages du Tohoku, j’en ai la chair de poule, parce que je constate qu’ils appartiennent à mes propres racines. J’ai eu le sentiment que cette part de ma vie manquait à mes connaissances. C’est pourquoi l’acte de photographier le Tohoku me tenait tant à cœur. »
De la série “DECOTORA”, “Midnight Emperor”, département de Shiga, 2002

Portrait illustrant le mode de vie de ces conducteurs de camions à travers leurs allures fantasques. Le camion qui figure sur la photo coûte 20 millions de yen. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de GALLERY SIDE 2.
Son regard s’applique à constamment débusquer les liens entre passé et présent. Masaru Tatsuki éclaire le passé du Tohoku, en révélant les relations entre tradition et culture japonaise universelle. La série, intitulée Tohoku, a remporté le trente-septième Ihey Award en 2012.
De la série “Tohoku”, “Natsuya Shishi-odori in Kawai-mura”, Miyako-shi, département d'Iwate, 2009

Cliché représentant les instants qui suivent le Natsuya Shika-odori, une tradition qui perdure au sein de la ville de Miyako-shi (ancien village de Kawai-mura), dans le département d'Iwate. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de GALLERY SIDE 2.
De la série “Tohoku”, “Suneka”, Ofunato-shi, département d'Iwate, 2010

Suneka est une coutume qui consiste à se déguiser comme l'incarnation d'une montagne ou d'une divinité de la mer. Tatsuki souligne la féérie du Tohoku à travers le prisme de sa tradition, qui donne forme à une présence invisible redoutée de la population. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de GALLERY SIDE 2.
De la série “kuragari”, “kuragari no. 36”, 2010

Photographie isolée et insolite d’une biche soudainement apparue lorsque le photographe avait renoncé à en trouver ce soir-là. Le regard de la biche nous rend intensément conscients de la limite existant entre notre monde et l’obscurité qui habite l’arrière-plan. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de GALLERY SIDE 2.
Cependant ce qui l’a réellement affecté, c’est le tremblement de terre du Tohoku. « Lorsque le Tsunami a tout emporté sur son passage, j’ai senti que tout le temps du monde ne suffirait pas à prendre suffisamment de photos », se souvient-il. Il a réalisé qu’il devait se détacher de ses sujets et assumer une approche plus froide de la photographie. « Cette série parle de ce que nous avons perdu », déclare Tatsuki. Sa pièce KAKERA constitue une réorganisation des strates du temps intégrées au paysage. En superposant le présent avec le passé, le photographe stimule notre imagination et modifie notre perception du futur du Tohoku – et celui du Japon.
De la série “Sono Chi wa Mada Akai no ka (Is that Blood Still Red?)”, “Deer 3”, Kamaishi-shi, département d'Iwate, 2011

Une série réalisée après le séisme. Comme le titre l’indique, Tatsuki a pris ces photos en s’interrogeant sur ce qui avait changé depuis le tremblement de terre. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de GALLERY SIDE 2.
De la série “Sono Chi wa Mada Akai no ka (Is that Blood Still Red?)”, “Hunting 2”, Kamaishi-shi, département d'Iwate, 2011

Au lieu de se concentrer sur les gens, les clichés sont centrés sur les armes, ce qui nous donne un aperçu de la façon dont l’artiste tente de saisir l’objectivité de ses sujets. Cette série comporte des pellicules de différents formats, qui rendent compte de la période à laquelle il a été bouleversé par les évènements du Tohoku. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de GALLERY SIDE 2.
De la série “Gyojin”, “Knife and Cutting Board after Use”, Shirahama, Hachinohe-shi, département d'Aomori, 2015

Dans cette série, Tatsuki tourne son regard vers la mer après une randonnée dans les montagnes passée à photographier la forêt et les animaux. Pour lui, la photo du poisson nettoyé reposant sur la planche à découper désigne l’endroit précis où la forêt et la mer convergent. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de GALLERY SIDE 2.
De la série “Gyojin”, “The Start of Fishing”, Fukakubo, Hachinohe-shi, département d'Aomori, 2015

Cette photo nous montre un ancien capitaine de bateau de pêche, qui n’a pas cessé de pêcher depuis qu’il a pris sa retraite. Comme les pêcheurs passent la majeure partie de leur temps au travail, ils établissent au fil des années et de leur vie une relation particulière avec la mer. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de GALLERY SIDE 2.
De la série “KAKERA”, “Emperor Hirohito and President Ford, 3 October 1975”, département d'Akita, 2016

Photo d’un fragment de pot en céramique de la période Jōmon conservé comme preuve historique. Le fragment de poterie ancienne et le journal moderne sur lequel il repose témoignent de la méthode photographique caractéristique de Tatsuki, qui nous donne à percevoir différentes strates de temps. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de GALLERY SIDE 2.

Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de GALLERY SIDE 2.
Masaru Tatsuki
Né à Toyama en 1974, Masaru Tatsuki parcourt la zone du Tohoku et continue d’interagir avec les gens, la culture et la nature propres à la région. En 2007, il publie “DECOTORA” (Little More Co., Ltd.), une série sur les camions customisés, dont les images s’étalent sur neuf ans. En 2012, Tatsuki remporte le 37ème Kimura Ihei Award. En 2015, il publie “Gyojin” (T&M Projects).