Tokyo Rumando, provoquant face à face

Au fil des photographies réunies dans “The Story of S”, l'artiste interroge le regard du public sur la question de l'identité et sa mutation.

12.10.2020

TexteHenri Robert

'S', 2018 | Copyright Tokyo Rumando, courtesy of IBASHO

Mannequin, auteure, maquilleuse, ou performeuse, Tokyo Rumando met en scène  son corps et son environnement dans les clichés en noir et blanc de son projet The Story of S, publié en 2018.

L’artiste japonaise — qui travaille sous pseudonyme — est née en 1980. Autodidacte, elle a notamment posé pour Daido Moriyama et Nobuyoshi Araki, et précise « être devenue artiste en 2005 ». Outre les mises en scène de sa propre personne, souvent dénudée, elle s’intéresse aux artistes de rakugo, ces conteurs populaires de l’art du divertissement japonais qui travaillent avec les « mots déchus ».

 

Une identité cachée

Dans The Story of S, présenté en 2018 à la Zen Foto Gallery et début 2020 au Museum Folkwang d’Essen, l’artiste « incorpore des éléments du monde du théâtre, qui transforment ses autoportraits en une pièce, et plonge le spectateur dans un autre temps et un autre espace », détaille le communiqué lié à l’exposition.

 

S is Story

She=S

S=Sexualviolet

S is es

S is Sandglass

Sayonara S

Manifeste de l’artiste à propos de l’ouvrage

 

Devant et derrière la caméra, Tokyo Rumando s’impose dans un monde de la photographie à prédominance masculine. A travers ses photographies en noir et blanc, elle développe sa propre vision de l’identité, de la sexualité et de l’intimité, et reprend le langage visuel radical de la photographie japonaise des années 60 et 70. Tokyo Rumando joue avec le public, l’amène à s’interroger sur le désir, sur une identité en perpétuelle évolution.

Elle s’efface dans un décor, s’y adapte. En parallèle des autoportraits, où elle se met dans la peau d’une geisha, de Marilyn Monroe ou d’une vamp, elle présente des clichés de son univers, matérialisé par une coiffeuse ou un ventilateur, par l’ombre d’un chat qui apparaît sur une photo, ou le mur d’une prison et son fil de fer barbelé.

Parmi ses précédents projets, Rest 3000 Stay 5000 l’avait amenée à visiter une vingtaine de maisons closes de Tokyo et à y réaliser des autoportraits. Son travail est notamment présenté par la Ibasho Gallery de Antwerp.

 

The Story of S (2018), un livre de photographies par Tokyo Rumando publié par la Zen Foto Gallery.

'S', 2018 | Copyright Tokyo Rumando, courtesy of IBASHO

'S', 2018 | Copyright Tokyo Rumando, courtesy of IBASHO

'S', 2018 | Copyright Tokyo Rumando, courtesy of IBASHO

'S', 2018 | Copyright Tokyo Rumando, courtesy of IBASHO

'S', 2018 | Copyright Tokyo Rumando, courtesy of IBASHO

'S', 2018 | Copyright Tokyo Rumando, courtesy of IBASHO

'S', 2018 | Copyright Tokyo Rumando, courtesy of IBASHO

'S', 2018 | Copyright Tokyo Rumando, courtesy of IBASHO

'S', 2018 | Copyright Tokyo Rumando, courtesy of IBASHO

'S', 2018 | Copyright Tokyo Rumando, courtesy of IBASHO