Les portraits de famille de Masahisa Fukase
Le photographe compile dans sa série “Family” des clichés familiaux étonnants dans lesquels il questionne la mort, inexorable.

© Masahisa Fukase
C’est dans le décor sobre du studio photographique paternel de la ville de Bifuka, sur l’île d’Hokkaido, que le photographe Masahisa Fukase fait poser sa famille entre 1971 et 1975, puis de 1985 à 1989.
Family est un album particulier. Sur les 31 photos se dessinent les membres de la famille Fukase, accompagnés parfois de parfaits inconnus. Des actrices ou mannequins sont invitées de temps à autre par Masahisa Fukase à rejoindre la photo de groupe, posant bien souvent nues ou en partie dénudées.
La mort, personnage à part entière
Avec cette série, l’artiste entend questionner la mort, personnage invisible mais pourtant bien présent au fil des clichés. Au fur et à mesure que certains parents disparaissent, Fukase les remplace par leur version papier glacé. Comme sur ce cliché, tiré en 1987 après la mort de son père, où ce dernier apparaît sur la photo dans un cadre ourlé d’un ruban noir.
« Toute ma famille, dont je vois l’image inversée sur le verre dépoli, mourra un jour. Cette chambre, qui réfléchit et fige leurs images, est en fait un dispositif d’archivage de la mort », explique Masahisa Fukase dans le préambule de la première édition de l’ouvrage Family, sorti en 1991.
L’album de famille sera définitivement refermé en 1989, lorsque le studio photo paternel met la clé sous la porte pour cause de faillite. « C’est une parodie de moi-même en directeur raté du studio Fukase, troisième génération », confie l’artiste.
Family (2019), un livre de Masahisa Fukase, publié par les éditions Mack.

© Masahisa Fukase

© Masahisa Fukase

© Masahisa Fukase

© Masahisa Fukase

© Masahisa Fukase

© Masahisa Fukase

© Masahisa Fukase
LES PLUS POPULAIRES
-
Un artisanat ancré dans la nature et les paysages du quotidien d’Okinawa
Ai et Hiroyuki Tokeshi emploient du bois d'Okinawa, très contraignant, en héritiers d'une tradition locale du travail du bois et de la laque.
-
Yoichi Ochiai, l'artiste à l'origine du pavillon de “media art” de l'Exposition universelle d'Osaka 2025
Lauréat des Pen Creator Awards 2025, il revient en interview sur son œuvre immersive qui traduit en art l’expérience de la « Digital Nature ».
-
« Voir ceux de mon âge, ou plus jeunes, réussir me rend nerveux »
Dans “Guide de survie en société d'un anti-conformiste”, l'auteur Satoshi Ogawa partage ses stratégies pour affronter le quotidien.
-
Sanbonmatsu-yu, un “sentō” où méditer sur la valeur de la paix
Dans sa “Chronique du bain”, Kundō Koyama fait du “yudō”, la « voie du bain », un pilier de la culture japonaise traditionnelle.
-
La statue de Hachiko, un symbole de fidélité envers l’homme
Située devant une sortie de la gare de Shibuya, à Tokyo, cette figure de bronze rend hommage à un chien devenu célèbre dans le monde entier.



