“Seascapes” d’Hiroshi Sugimoto, la permanence de l’impermanent
Le photographe immortalise depuis 1980 la rencontre entre l’eau et l’air et en a tiré une série presque méditative.

Courtesy of the artist and Marian Goodman Gallery. © Hiroshi Sugimoto
« Chaque fois que je regarde la mer, je ressens un sentiment de sécurité apaisant, comme si je visitais ma maison ancestrale », confie sur son site internet Hiroshi Sugimoto qui photographie, depuis quarante ans, des paysages marins épurés, tout autour du monde. « L’eau et l’air. Ces substances sont très courantes, elles n’attirent guère l’attention, et pourtant elles garantissent notre existence même. »
Le photographe, né en 1948 au Japon, explore dans ses oeuvres l’idée de la mémoire et le passage du temps. Il étudie la photographie à Los Angeles et vit aujourd’hui entre New York et Tokyo. Hiroshi Sugimoto alimente plusieurs séries photographiques de front, notamment Theaters débutée en 1999, où il photographie d’anciennes salles géantes de cinémas américains avec un temps de pose très long, durant toute la durée du film.
Photographier le temps qui passe
C’est en 1980 qu’il débute sa série Seascapes. Sur tous les clichés, on retrouve la même construction : les éléments photographiés, le cadrage, le matériel utilisé sont identiques. Seul le temps qui passe trouble l’immuabilité du paysage.
Ces Seascapes, tout en noir et blanc, proposent d’infimes variations des tons de noir, gris et blanc, où la frontière entre l’eau et l’air est parfois mince, donnant à ces clichés un caractère presque abstrait. Aucun oiseau, humain ou objet, ne vient jamais troubler l’épure de ces paysages marins.
Hiroshi Sugimoto est également connu pour avoir mis en scène la pièce At The Hawk’s Well (Au puits de l’épervier) à l’Opéra National de Paris en 2019 et être à l’origine de l’Observatoire Enoura, un lieu hydride dédié à l’art, mêlant une galerie d’art, une scène en pierre, une scène en verre de théâtre nô, un salon de thé, un jardin et un immeuble de bureaux.
Seascapes (2015), un livre de Hiroshi Sugimoto, co-édité par Atelier EXB et Diamani.

Courtesy of the artist and Marian Goodman Gallery. © Hiroshi Sugimoto

Courtesy of the artist and Marian Goodman Gallery. © Hiroshi Sugimoto

Courtesy of the artist and Marian Goodman Gallery. © Hiroshi Sugimoto

Courtesy of the artist and Marian Goodman Gallery. © Hiroshi Sugimoto

Courtesy of the artist and Marian Goodman Gallery. © Hiroshi Sugimoto

Courtesy of the artist and Marian Goodman Gallery. © Hiroshi Sugimoto
LES PLUS POPULAIRES
-
Un artisanat ancré dans la nature et les paysages du quotidien d’Okinawa
Ai et Hiroyuki Tokeshi emploient du bois d'Okinawa, très contraignant, en héritiers d'une tradition locale du travail du bois et de la laque.
-
Yoichi Ochiai, l'artiste à l'origine du pavillon de “media art” de l'Exposition universelle d'Osaka 2025
Lauréat des Pen Creator Awards 2025, il revient en interview sur son œuvre immersive qui traduit en art l’expérience de la « Digital Nature ».
-
« Voir ceux de mon âge, ou plus jeunes, réussir me rend nerveux »
Dans “Guide de survie en société d'un anti-conformiste”, l'auteur Satoshi Ogawa partage ses stratégies pour affronter le quotidien.
-
“All about Lily Chou-Chou”, fanatisation et rapport au réel
Co-scénarisé par une communauté en ligne, ce film de Shunji Iwai met en scène une pop-star devenue le repère d'une jeunesse déboussolée.
-
Sanbonmatsu-yu, un “sentō” où méditer sur la valeur de la paix
Dans sa “Chronique du bain”, Kundō Koyama fait du “yudō”, la « voie du bain », un pilier de la culture japonaise traditionnelle.




