Un luminaire conçu à Paris et Kyoto

Cette suspension imaginée par Elise Fouin a été produite à l'aide des techniques de plissage et teinture de l'artisan Yoshishige Tanaka.

12.01.2021

TexteClémence Leleu

© Elise Fouin

Lorsque la designer Elise Fouin, diplômée de l’école Boulle en métiers d’art et design, répond à un appel à projets afin de développer un objet entre la France et le Japon, elle n’a encore jamais travaillé avec un artisan nippon. Une première donc pour la designer qui a imaginé, dans le cadre du Kyoto Contemporary Project, la création d’un luminaire en papier. 

Ce programme, qui se déroule sur quinze jours à Kyoto, met en relation designers et artisans afin qu’ils s’unissent dans la création d’un objet commun. Yoshishige Tanaka, artisan kyotoïte, a été séduit par l’idée d’un luminaire en papier, lui qui ne travaille habituellement que des pièces de mobilier comme des paravents ou des tables basses. S’en sont suivies des journées de travail et d’affinage du projet dans l’atelier de Yoshishige Tanaka. « La réalisation reste vraiment fidèle à mon dessin de départ. Tanaka-san a eu un grand respect pour ma création, il a tout mis en oeuvre pour aboutir à ce que j’avais en tête », explique Elise Fouin. « Et j’ai moi même essayé de faire un design qui mette le plus en valeur sa technique. »

 

Un rencontre artistique et humaine

Leur travail mêle ainsi deux techniques chères à l’artisan, celle dite hyogu, qui consiste à coller plusieurs feuilles de papier washi entre elles, et celle dénommée kakejiku, qui est une peinture sur papier ou sur soie. « Même si je ne parle pas japonais, que Tanaka-san ne parle pas français et que l’anglais de Google Translate était proche du sketch, on se rend compte que le dessin et le savoir-faire sont finalement comme une forme langage », se remémore la designer. « Nous étions tous les deux dans l’atelier à faire des essais de collage, de plissage, tout en faisant des croquis au fur et à mesure de nos découvertes. On se comprenait sans forcément se parler. Cela a été une véritable aventure humaine, c’est ce qui est intéressant aussi au delà de l’objet », poursuit-elle. 

Ainsi est né Saika, un luminaire composé de tuiles de papier washi, cernées de tissu peint en dégradé dont les couleurs rappellent celles utilisées sur les estampes de paysage. Le tout fixé sur un bâton de hêtre. Si Saika était la première collaboration franco-japonaise d’Élise Fouin, la designer a réitéré l’expérience en imaginant des couteaux avec un artisan tokyoïte. Le luminaire est disponible à la vente en contactant directement la designer pour les acheteurs européens ou Gengoro pour les Japonais.

 

Saika (2018), un luminaire réalisé par Elise Fouin en collaboration avec Yoshishige Tanaka, à retrouver sur le site internet de la designer.

© Elise Fouin

© Elise Fouin

© Elise Fouin

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© Elise Fouin