Avec Meisa Fujishiro, les nus tokyoïtes prennent de la hauteur
Dans la série “Sketches of Tokyo”, le photographe revisite le genre, en le confrontant à l’architecture de la capitale.

© Meisa Fujishiro
Fasciné par son environnement, urbain ou naturel, Meisa Fujishiro l’associe au genre du nu féminin, qu’il revisite dans sa série Sketches of Tokyo (2016). 53 femmes sont ici photographiées face à la skyline de Tokyo.
Le photographe, né en 1967 à Chiba, explore une grande variété de thèmes au fil de ses clichés, de l’univers de la mode au documentaire géographique, des portraits d’anonymes à ceux de célébrités. Son œuvre reflète sa vision du monde qu’il résumait ainsi lors de l’exposition de la série à la galerie in)(between (Paris) : « Une beauté dispersée en tous lieux. »
Un horizon de désirs
Sketches of Tokyo réunit plus de 220 photographies en noir et blanc. Ici, il est question de membres, de corps qui se font face, de l’humanité ancrée dans son environnement, du regard humain vis-à-vis du désir, du même regard face à ce qu’il a accompli, visible à l’horizon. Le stress et l’hyperactivité inhérents à la vie urbaine et aux mégalopoles s’évanouit, laissant place au calme et à une apaisante émotion.
« Je n’aime pas employer des termes emphatiques pour parler de ma photographie de nu », poursuit le photographe, qui précise apprécier « l’atmosphère et le sentiment puissant créés par la présence d’un corps nu devant mon objectif. C’est naturellement amusant. »
Autre illustration de son intérêt pour le genre, sa série HIPS montre des femmes, modèles ou non, dévoilant leurs postérieurs. Ces femmes posent ainsi de dos, leurs sous-vêtements descendus jusqu’aux cuisses ou chevilles. Dans des espaces publics, la rue ou à leur domicile, elles se livrent à leurs activités quotidiennes — comme si de rien n’était.
Sketches of Tokyo (2016), un livre de photographies de Meisa Fujishiro, édité par Seigensha Art Publishing.

© Meisa Fujishiro

© Meisa Fujishiro

© Meisa Fujishiro

© Meisa Fujishiro
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