Le tanuki, figure centrale du folklore japonais

10.01.2020

TexteSolenn Cordroc'h

Une chasse au trésor pour retrouver les esprits de la nature japonaise ? C’est le coeur du projet Uramado, conçu en réalité augmentée par Thomas Pons et la designer graphique Julie Stephen Chheng, déployé au Musée de la chasse et de la nature de Paris en 2017. Reprenant les icônes populaires des créatures surnaturelles nommées Yokai au Japon, Uramado mêle folklore traditionnel japonais et nouvelles technologies avec des animaux en réalité augmentée.

Parmi ces figures mythologiques, le tanuki a la part belle. D’origine chinoise, la légende du tanuki apparait au Japon entre le IVè et le VIIè siècle. Représenté comme un raton-laveur au ventre rebondi, le tanuki est perçu au départ comme une créature tout sauf bienveillante lorsqu’elle prend l’apparence d’un humain et n’hésite pas à mentir, voler et même tuer. Son image évolue au fil des siècles, la rendant plus innocente mais toujours aussi farceuse. Dans le conte de Bunbuku Chagama, un bûcheron sauve la vie d’un takuni et ce dernier, en guise de remerciement, l’aide à devenir riche.

À l’époque d’Edo, la figure du tanuki devient si populaire, qu’elle est très souvent représentée dans les estampes, avec une certaine pointe d’humour.  Souvent affublé d’un chapeau de paille et d’une gourde de saké, la particularité du tanuki est son scrotum de très grande taille qui touche le sol. Avec son ventre généreux, ce dernier lui sert souvent de tambour. Son son distinctif “pompoko pon pon” a d’ailleurs servi de titre au film d’animation des studios Ghibli, Pompoko. Le scrotum est également dépeint comme pouvant faire office d’arme, de parapluie ou de filet de pêche. Outre ses attributs physiques, l’animal facétieux est également réputé pour son appétit inassouvi de saké et de nourriture. Il n’est pas rare de voir des effigies du tanuki devant les restaurants et autres commerces au Japon car la créature est synonyme de prospérité et de bonne fortune.