Le sumo au féminin

Dans “Joshi Sumo”, le photographe Nicolas Datiche a capturé ces athlètes qui ne peuvent pratiquer leur sport au niveau professionnel.

12.05.2021

TexteClémence Leleu

© Nicolas Datiche

En 2016, le photojournaliste Nicolas Datiche s’est infiltré dans une écurie (heya) de sumo de l’Université Nihon de Tokyo, réputée au Japon pour sa filière sport-étude. « Le sumo n’est pas un sport que les femmes sont autorisées à pratiquer au niveau professionnel », explique le photographe installé au Japon depuis 2013. « Il était intéressant de suivre ces jeunes femmes, membres de la fédération amateur, s’entraîner intensément tout en sachant qu’elles ne pourront jamais en faire leur métier. »

Les femmes sont considérées comme impures par la religion shinto dont proviennent les codes de la lutte japonaise. Un scandale avait même éclaté en 2018 lorsque des femmes avaient pénétré sur le ring pour porter secours à un homme victime d’un malaise.

 

Une pratique amateur prise très au sérieux

Nicolas Datiche signe une série de clichés où l’on peut voir les lutteuses (Joshi sumo) se plier à la discipline de fer que requiert ce sport, se livrant à des entraînements quotidiens, matin et soir. Échauffements, apprentissage des techniques de combats, étirements, rien n’a échappé à l’oeil du photographe qui a également pu suivre les étudiantes lors de diverses compétitions. « Leur pratique est quelque chose qu’elles prennent très au sérieux. Même si elles ne sont qu’au niveau amateur, on sent que ce n’est pas juste un passe-temps », se remémore Nicolas Datiche. « C’est assez touchant car en cas de défaite on sent que leur monde s’écroule complètement. Je ne pensais pas qu’il y avait autant d’enjeux. »

Les photos dévoilent également une face plus intime de ces sumo : les moments partagés entre étudiantes d’une même écurie, les repas en commun… Mais aussi quelques instants volés au rythme infernal des entraînements pour retrouver leurs amies hors de l’heya.

La série Joshi sumo est parue dans la presse française. Travaillant entre Taiwan et le Japon, Nicolas Datiche a réalisé d’autres travaux photographiques dans l’archipel, dont une série nommée Oto matsuri

 

Joshi Sumo (2016), une série de photographies par Nicolas Datiche à retrouver sur son site internet.

© Nicolas Datiche

© Nicolas Datiche

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