“Japon Perdu”, la nostalgie du Japon d’autrefois
Dans cet ouvrage, Alex Kerr collectionne des fragments de vie d'un pays qu'il redoute de voir plonger dans la modernité.

© Éditions Nevicata
Alex Kerr, écrivain et spécialiste des arts et des cultures d’Asie orientale, signe en 1993 son premier ouvrage, Japon Perdu. Dans ce texte, l’auteur condense presque trente ans de relations avec l’archipel japonais. C’est en 1964 qu’Alex Kerr, alors âgé de douze ans, foule pour la première fois le sol nippon. Dix ans plus tard, le voilà propriétaire d’une maison abandonnée dans la secrète vallée de l’Iya, sur l’île de Shikoku, qui deviendra sa base de repli.
Japon Perdu offre une plongée dans l’architecture, l’histoire et la vie quotidienne japonaise, mais aussi dans les arts traditionnels, le théâtre kabuki ou encore la calligraphie. Le récit suit les expériences de l’auteur dans un pays où il oscille entre une vie reculée, dans des vallées difficilement accessibles, et un quotidien dans des métropoles urbaines densément peuplées, comme Kyoto ou Osaka.
Un ouvrage en guise d’écrin à souvenirs
Ce livre est aussi un témoin d’un temps qui s’efface peu à peu, une boîte à souvenirs nostalgique d’un monde révolu, où la quête de la modernité sacrifie le patrimoine culturel et environnemental du pays d’adoption de l’auteur. Alex Kerr, avec ce livre, entend ainsi consigner sur le papier ses souvenirs, vestiges d’un temps passé. Mais aussi démontrer sa volonté inaltérable de tout mettre en oeuvre pour tenter de préserver la beauté fragile de tout ce qu’il estime faire la spécificité du Japon.
Écrit initialement en japonais avant d’être traduit en anglais, Japon Perdu a reçu en 1994 le prix Shincho Gatugei et fait d’Alex Kerr le premier étranger à recevoir ce prix, qui récompense chaque année la meilleure oeuvre de non fiction publiée au Japon.
Japon Perdu (2020), un livre écrit par Alex Kerr et édité par les éditions Nevicata.

© Éditions Nevicata
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