Correspondances japonaises dans “La papeterie Tsubaki”
Ito Ogawa raconte avec douceur le quotidien de Hatoko revenue à Kamakura reprendre la papeterie familiale pour y devenir écrivain public.

© Éditions Picquier
Derrière une histoire à l’apparente simplicité — une jeune femme de 25 ans qui quitte Tokyo pour revenir dans la ville où elle a grandi afin de reprendre la papeterie que gérait sa grande-mère — se cache en réalité une observation fine de ce qui constitue la société nippone. Le retour de Hatoko à Kamakura n’est finalement qu’une mince excuse pour raconter par le menu ce qui se joue dans la communauté.
L’histoire, qui se déroule quasiment intégralement entre les murs de la papeterie de Kamakura, explore les codes de la calligraphie nippones puisque l’héroïne, Hatoko, est écrivain public. Mais l’intrigue consent aussi à une analyse des rapports humains qui se tissent entre les voisins et les clients qui défilent dans la boutique. Car les habitants de Kamakura se pressent pour venir demander à la jeune femme un peu d’aide pour envoyer une missive d’amour, de rupture, de menace ou d’annonce de deuil. Le tout, rythmé par le passage des saisons et de leurs rites et festivités, particulièrement célébrés dans l’archipel.
Des thèmes universels
Au-delà de ce que ces lettres permettent d’éclairer des codes et de la hiérarchie prégnante de la société nippone, La papeterie Tsubaki explore également les thèmes universels que sont le poids de la transmission, la perpétuation des valeurs familiales ou encore la difficulté d’un retour en terres d’enfance qui peut être considéré comme un échec.
La papeterie Tsubaki donne bien plus à voir que ce veut bien laisser transparaître sa quatrième de couverture. Devant le succès de cet ouvrage, l’auteure a fait paraître une suite en 2020 : La république du bonheur. Le premier roman d’Ito Ogawa, Le restaurant de l’amour retrouvé, est un best-seller au Japon et a été adapté au cinéma par la réalisatrice Mai Taminaga. Il a reçu en 2013, en France, le prix du Roman et Essai Gourmand Eugénie Brazier qui vise à promouvoir la transmission du patrimoine culinaire.
La papeterie Tsubaki (2018), par Ito Ogawa, un roman publié aux éditions Picquier.

© Chiyoe Sugita
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