Les jeux vidéo “Yakuza”, dans la peau d’un gangster japonais
Dans le livre “La Saga Yakuza, jeu vidéo japonais au présent”, Victor Moisan dévoile les coulisses du succès de ce jeu sur la pègre nippone.

© Third Éditions
Connue au Japon sous le titre de Ryu ga Gotoku (« Comme un dragon » en japonais), la saga Yakuza est une des plus importantes franchises de la société SEGA. Vendue à plus de 14 millions d’unités, elle sort un nouvel épisode annuellement depuis 2005. Tous ont reçu un prix aux Japan Game Awards, notamment grâce à leur scénario qui porte sur un thème mythique, la pègre nippone.
Installé à Kyoto depuis 2013, Victor Moisan rédige des ouvrages qui ont trait aux jeux vidéo et au cinéma. En 2020, l’auteur français publie un livre de plus de 300 pages, La Saga Yakuza, jeu vidéo japonais au présent, sur le succès international de ce 10ème art. « L’exemple rare d’un jeu vidéo parfaitement intégré aux rouages d’une industrie de masse — produit à la chaîne en exploitant un fonds de commerce rabâché — et dans le même temps soucieux de développer un commentaire singulier, insatiable, sur son époque », commente l’écrivain dans son manuscrit.
Un monde de gangsters plus ou moins virtuel
Affrontements de rue, courses-poursuites sur l’autoroute, combats au fusil… Par le biais d’un mode RPG (un jeu vidéo de rôle), le joueur se retrouve en immersion dans le folklore des gangsters de l’archipel. Ainsi, dans un paysage urbain nocturne, se déploie une fresque de personnages, dont le protagoniste, Kazuma Kiryu. Ce dernier, surnommé le « Dragon de Dojima », a pour désir de quitter le milieu de la mafia afin de réaliser son rêve, élever des orphelins.
Enquêtes, témoignages, portraits… L’œuvre à la couverture illustrée par l’artiste Dave Zhang aborde de manière détaillée de nombreux aspects de la célèbre saga. De la genèse de la licence en passant par une étude de cas des différents volets, l’auteur passe au peigne fin la franchise dédiée à la mafia japonaise. « Le crime organisé y sert de passerelle vers une exploration socioculturelle du Japon contemporain », souligne Victor Moisan. Inspirés des yakuza eiga (films de yakuza) mais aussi et surtout de la réalité, les volets successifs de la série au style graphique populaire de l’avant-guerre sont des « miroirs du réel » d’après l’artiste.
La Saga Yakuza, jeu vidéo japonais au présent (2020), un livre de Victor Moisan édité par Third Éditions.

© Third Éditions
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