Le baumkuchen au Japon, 100 ans d’histoire

L’histoire du baumkuchen débute au Japon dans des circonstances malheureuses. Karl Juchheim, boulanger allemand vivant à Tsingtao, en Chine, est capturé par l’armée japonaise lors de la Première Guerre mondiale. Prisonnier de guerre, il est envoyé sur l’île de Ninoshima, dans la préfecture d’Hiroshima. C’est là, dans le cadre d’une foire, qu’il réalise son premier baumkuchen. Également appelé « le roi des gâteaux allemands », le baumkuchen est très fastidieux à réaliser et en Allemagne, on a coutume de dire que vous ne pouvez pas être considéré comme un « meister » (boulanger) si vous ne maîtrisez pas sa préparation. Pour Karl Juchheim, c’est la fierté allemande qui est en jeu puisque l’événement offre la possibilité aux prisonniers de guerre de présenter des spécialités nationales.
Traditionnellement, le « gâteau d’arbre » est réalisé en versant de la pâte sur une broche rotative. Une fois cuit et tranché, plusieurs couches apparaissent — entre 15 et 20 cm, mais elles peuvent atteindre 25 cm —, ressemblant à des cernes d’arbres. Peut-être parce que sa fabrication prend beaucoup de temps, vous trouverez de moins en moins de boulangers qui le cuisent encore de manière traditionnelle en Allemagne. Grâce à Karl Juchheim et à sa femme Elise, qui ont importé le baumkuchen au Japon il y a exactement cent ans, ce gâteau y est maintenant plus populaire qu’en Allemagne. Vous le trouverez partout, qu’il s’agisse de tranches individuelles emballées dans du plastique, vendues dans des épiceries, ou qu’il soit préparé dans des depāto (grands magasins) haut de gamme. Pour ce qui est des saveurs, au Japon, le Baumkuchen peut être aromatisé au thé vert, au chocolat ou même avec des fleurs de cerisier. Et en raison de sa forme semblable à celle d’une bague, il fait également office de cadeau de mariage.




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