Le Japon chrome et cuir de Keizo Motoda
La série “Todoroki” du photographe met en lumière les hommes et les femmes aux silhouettes détonnantes dans l'uniformité des rues japonaises.
Todoroki © Keizo Motoda
Des gens libres, habillés de cuir, des musiciens, rockeurs, des voitures anciennes, des motos, chromées. Tout un univers, auquel est sensible Keizo Motoda, est présenté dans la série Todoroki (2019).
À travers ces clichés, l’artiste – né en 1971 à Osaka – donne à voir des sous-cultures et des personnes à la marge qui, par leur look décalé ou provoquant, nous font nous retourner dans la rue, qu’ils soient bikers, rockers ou bouddhistes itinérants. « J’aime particulièrement les bad boys et bad girls », explique l’artiste à Pen.
Ceux qui font vivre la rue
Les photographies en noir et blanc, à forte densité — réalisées à partir de 2010, sans que des dates précises soient indiquées —, mettent en avant certains détails et font ressortir au premier plan le cuir des vestes, la peinture métallique des voitures, les cheveux des sujets, érotisant d’une certaine manière le contexte. Le regard de l’artiste retranscrit dans ses clichés laisse apparaître la relation qui nait entre lui et ses sujets, une forme d’admiration, de gratitude de faire vivre une société qui peut sembler uniformisée. Avant de réaliser ses photographies, l’artiste aime ainsi échanger avec les personnalités choisies et précise : « parfois nous buvons une bière ensemble dans la rue ». Dans la postface de l’ouvrage, Keizo Motoda explique la force avec laquelle il est touché par « la tristesse, la joie des gens que je croise, l’épanouissement et la décadence des rues. ».
Auparavant, dans la série Capella publiée en 2010 par MATCH and Company Co., Ltd., Keizo Motoda s’intéressait aux voitures produites par Mazda, iconiques du Japon des années 1970.
Todoroki (2019), un livre de photographies de Keizo Motoda, publié par Sokyu-Sha.
Todoroki © Keizo Motoda
Todoroki © Keizo Motoda
Todoroki © Keizo Motoda
Todoroki © Keizo Motoda
Todoroki © Keizo Motoda
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