Le royaume des fantômes de Hokusai
L'artiste s'est inspiré de légendes terrifiantes pour une série d'estampes représentant des “yokai”, esprits malins du folklore japonais.

© Public Domain
Dans sa série d’estampes Hyaku Monogatari, cent histoires de fantômes, débutée en 1830, Katsushika Hokusai convoque monstres et fantômes vengeurs et cannibales, en lieu et place de ses traditionnels paysages japonais. Il s’inspire d’une tradition nippone, Hyakumonogatari Kaidankai, un moment partagé entre amis, entourés de dizaines de bougies, où chacun partage une histoire effrayante au reste du groupe, avant de souffler une des flammes. La légende voulant qu’une fois la dernière bougie éteinte, un esprit apparaisse.
La revanche des esprits
Sur ces illustrations se dessinent les personnages bien connus des amateurs de yokai, ces esprits malins qui viennent hanter les vivants. Personnages incontournables des contes et légendes japonais, ils se déclinent en de multiples formes : animaux menaçant, monstres ou objets prenant vie à la nuit tombée.
Hokusai représente par exemple Oiwa, une des plus célèbres histoires de fantômes de l’archipel. Cette femme, tuée par son mari qui souhaitait en épouser une plus jeune et séduisante, se réincarne, lors de la nuit de noces de son ancien époux, dans une lanterne de papier qui vient hanter le jeune couple. Ou encore l’histoire – basée sur un évènement réel – de Kohada Koheiji que l’on voit revenir d’entre les morts pour tourmenter sa femme et son nouvel amant, sous les couleurs du maître de l’estampe.
Connu pour son emblématique série Trente-six vues du Mont Fuji, Hokusai a également signé de nombreuses oeuvres relevant du shunga, un courant d’art érotique, prolifique pendant la période Edo (1600-1868). Quant aux yokai, ils continuent d’innerver la création nippone et le studio d’animation Ghibli leur a fait la part belle dans le long métrage Pompoko.
Cent histoires de fantômes, Hyaku Monogatari (1831-32), une série d’estampes réalisées par Katsushika Hokusai.

© Public Domain

© Public Domain

© Public Domain

© Public Domain
LES PLUS POPULAIRES
-
Chiharu Shiota, fils rouges de l'âme
L’année dernière, plus de 660 000 personnes ont visité la rétrospective Chiharu Shiota: The Soul Trembles au musée d’art Mori.
-
La Nakagin Capsule Tower, construction rétrofuturiste au coeur de Tokyo
Édifiée en 1972 par l'architecte Kisho Kurokawa, cette tour modulaire est l'un des rares bâtiments achevés du mouvement métaboliste.
-
Une échappée dans les sauvages îles Oki
Les “îles au large”. On ne pouvait trouver meilleure appellation pour ce chapelet de 180 îles dont 4 seulement sont habitées.
-
Umami Paris, des ingrédients japonais haut de gamme
Cette épicerie spécialisée dans les produits artisanaux de qualité se fournit directement auprès de petits producteurs japonais.
-
L'érotisme futuriste de Hajime Sorayama
L’illustrateur est le précurseur d’un hyperréalisme mêlant la sensualité à la technologie, qui met en scène des robots sexualisés.