Aux sources de la Toei Doga, mythique studio d’animation nippon
Marie Pruvost-Delaspre explore dans un livre les arcanes de cet étendard de l’animation entre 1956 et 1972.

© PUR Éditions
Observer la naissance et le développement de la Toei Doga n’est pas seulement scruter son histoire, ses choix stratégiques, ses grands noms ou encore ses techniques. C’est aussi découvrir à quel point l’évolution de ce studio est un marqueur des mouvements qui agitent la société japonaise d’après-guerre. Comment la compagnie de Hiroshi Okawa en dit plus qu’on ne le croit sur le contexte économique et historique de l’archipel.
Marie Pruvost-Delaspre s’intéresse aux premières années de la Toei, concentrant son analyse sur la période allant de 1956, date de sa création, et 1972, date du décès de son fondateur et directeur. La maîtresse de conférences au Département Cinéma de l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis décrypte sa genèse, puis l’avènement de l’anime dans les années 1960.
Avant de s’intéresser aux années 1970 qui marquent la fin d’un modèle : la Toei délaisse les productions cinématographiques pour se concentrer quasi exclusivement aux adaptations de manga en séries télévisées. Une période où les méthodes managériales de la firme au chat sont décriées, certains des employés faisant grève, parmi lesquels on compte Hayao Miyazaki.
« Le Disney de l’Orient »
Aux sources de l’animation japonaise — Le studio Toei Doga (1956-1972) détaille savamment mais sans lourdeur, ce que fut celui qui s’appelle désormais Toei Animation : un des plus importants studios d’animation de l’archipel. Celui que son directeur souhaitait définir comme « le Disney de l’Orient », et qui signe en 1958 le premier long métrage d’animation en couleurs au monde, Le serpent blanc. L’auteure détaille ensuite le passage de la Toei à la création de séries télévisées en noir et blanc, avant l’avènement de la couleur en 1967. Des productions qui ne font que suivre l’entrée fracassante des téléviseurs dans les foyers japonais.
Marie Pruvost-Delaspre s’était précédemment intéressée au monde de l’animation, puisqu’elle a signé, en 2016, L’animation japonaise en France.
Aux sources de l’animation japonaise — Le studio Toei Doga (1956-1972) (2020), un ouvrage de Marie Pruvost-Delaspre publié par PUR Éditions.
LES PLUS POPULAIRES
-
Un artisanat ancré dans la nature et les paysages du quotidien d’Okinawa
Ai et Hiroyuki Tokeshi emploient du bois d'Okinawa, très contraignant, en héritiers d'une tradition locale du travail du bois et de la laque.
-
Yoichi Ochiai, l'artiste à l'origine du pavillon de “media art” de l'Exposition universelle d'Osaka 2025
Lauréat des Pen Creator Awards 2025, il revient en interview sur son œuvre immersive qui traduit en art l’expérience de la « Digital Nature ».
-
Morioka Shoten, la librairie au livre unique
Face à l'afflux des sorties littéraires, Yoshiyuki Morioka a décidé en 2015 d'ouvrir sa librairie qui ne propose qu'un seul livre par semaine.
-
« Voir ceux de mon âge, ou plus jeunes, réussir me rend nerveux »
Dans “Guide de survie en société d'un anti-conformiste”, l'auteur Satoshi Ogawa partage ses stratégies pour affronter le quotidien.
-
La tradition des œufs noirs du volcan de Hakone
Dans la vallée volcanique de Owakudani, de curieux œufs noirs aux vertus bienfaisantes sont cuits dans les eaux sulfuriques.




