“L’arbre blanc” de Sou Fujimoto, entre Japon et Méditerranée à Montpellier

"L'arbre blanc" mêle l'avant-garde de l'architecture française et l'héritage de la culture japonaise.

01.11.2019

TexteManon Baeza

©SFA NLA OXO DR

“L’arbre blanc”, tel est le nom donné au premier projet d’envergure initié en 2014 en France par l’architecte japonais Sou Fujimoto. « L’Arbre blanc est avant tout le fruit d’une rencontre : une rencontre d’exception, au cœur de la métropole régionale, entre le Japon et la Méditerranée », annonce le site dédié à cet immeuble d’habitation. Réalisé avec l’aide de ses confrères français Manal Rachdi, Nicolas Laisné et Dimitri Roussel, cet ovni architectural est à découvrir à Montpellier, dans le quartier Richter. Nouveau symbole contemporain de la ville méditerranéenne, “l’arbre blanc” est une hybridation culturelle qui mêle l’avant-garde de l’architecture française et l’héritage de la culture japonaise. Le tout, mis en oeuvre par Sou Fujimoto, au summum de son art.

Diplômé en 1994 de la faculté d’ingénierie de Tokyo, l’architecte fonde dès l’année 2000 son agence “Sou Fujimoto Architects“. Son nom commence à se faire connaitre dès 2005 lorsqu’il remporte – dans la catégorie jeune architecte et durant trois années consécutives – l’Architectural Review Awards, l’un des prix internationaux les plus prestigieux de l’architecture. En 2008, Sou Fujimoto publie “Primitive Future“, son premier manifeste qui prône une philosophie de l’architecture intuitive et sans contraintes, devenu un best-seller l’année de sa sortie. C’est donc sans surprise qu’il est exposé à la Biennale d’architecture de Venise en 2012, au sein du pavillon japonais. Aujourd’hui considéré comme l’un des grands noms de l’architecture contemporaine, Sou Fujimoto repense les lignes et les espaces entre la nature et l’artifice, et produit des formes singulières qui ne cessent d’évoluer.

 

Habiter “dedans et dehors”

Hérissé de 200 balcons qui ressemblent à des feuilles, cet “arbre blanc” est une véritable prouesse architecturale. Ses terrasses de 35 m2 en porte-à-faux (c’est-à-dire directement attachées à la façade, sans poteaux) sont les plus longues du monde : jusqu’à 7,5 mètres pour les plus grandes. Une façon d’habiter à la fois “dedans et dehors” mais qui permet également de faire baisser la consommation d’énergie car ces balcons protègent la façade du soleil, et rafraîchissent automatiquement les appartements. Du haut de ses 56 mètres de hauteur, cette tour immaculée compte 17 étages et 113 logements, offrant à ses résidents un point de vue exceptionnel sur la Méditerranée et le Pic Saint-Loup grâce à son bar roof-top ouvert depuis fin mai 2019. Au pied de l’immeuble, les habitants et les touristes les plus curieux peuvent également se sustenter sur la terrasse d’un restaurant situé sur les berges de Lez.

Si tous les appartements ont déjà été vendus, “l’arbre blanc” vient dynamiser à nouveau la ville de Montpellier. Il s’inscrit aux côtés du bâtiment Pierresvives imaginé par Zaha Hadid, de l’hôtel de ville réalisé par Jean Nouvel ou encore du quartier d’Antigone conçu par Ricardo Bofill au cours des années 1970, qui sont tous devenus une attraction touristique de la capitale régionale. « La Tour se veut un point culminant dans la ville, tel l’immémorial Mont Fuji surgissant dans le ciel du Midi, confondu dans l’imaginaire collectif avec ses cerisiers en fleurs », annonce toujours le site. Une oeuvre à la fois philosophique et stratégique pour l’avenir, rendue possible grâce à Sou Fujimoto, l’un des nouveaux chefs de file de l’architecture minimaliste japonaise.

©Cyrille Weiner

©SFA NLA OXO DR

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