Le temple Koukokuji, ou l’art d’illuminer quelques milliers de bouddhas

14.03.2020

TexteManon Baeza

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Situé à Tokyo, dans un quartier tranquille qui tranche avec la frénésie habituelle du district de Shinjuku, le temple bouddhiste Koukokuji réserve son lot de surprises. Sa spécificité réside dans son columbarium intérieur orné de 2046 bouddhas de cristal, chacun éclairé individuellement par des ampoules LED.

C’est au pied d’un très vieil arbre dénommé le “ginkgo biloba”, que l’on découvre ce surprenant temple. Son architecture extérieure s’apparente à un bâtiment funéraire bouddhiste traditionnel. On y retrouve notamment de grandes portes en bois ainsi qu’un toit incurvé. Comme le veut la tradition, chaque autel possède un tiroir dans lequel reposent les cendres d’un défunt. S’y ajoute ici une statue de bouddha qui lui est attribuée. Cependant, on ne retrouve ni bâtons d’encens ni plaques commémoratives à l’intérieur, seules quelques fleurs peuvent y être déposées.

Chaque personne ayant un proche qui repose dans le temple peut illuminer elle-même la statue du concerné à l’aide d’une carte à puce directement connectée au bouddha en question. Celle-ci est remise à la famille du défunt lorsque les cendres sont placées dans l’édifice. Les cendres sont ensuite stockées pendant 33 ans, avant d’être enterrées sous la structure. Dans la tradition japonaise, c’est la famille qui est en charge de l’incinération du défunt, mais depuis quelques années, on remarque de plus en plus de personnes âgées qui préparent elles-mêmes leurs funérailles avant de mourir.

Si les cimetières – hormis quelques incontournables – sont rarement visités en Europe, les temples bouddhistes se révèlent être une grande attraction touristique pour le Japon. Et le Koukokuji attire de plus en plus de curieux grâce à ses installations lumineuses particulièrement originales. Qui plus est, ce temple bouddhiste se situe dans un jardin luxuriant, qui abrite de nombreuses espèces végétales. Parmi elles des ginkgos âgés de 300 ans, qui ont survécu au tremblement de terre du Kanto en 1923, ou encore aux raids aériens de 1945. On découvre également un petit cimetière encerclé d’arbres plus âgés les uns que les autres qui, tous, possèdent une petite plaque en bas de leur tronc où figure leur âge respectif estimé.

Les portes du columbarium sont généralement ouvertes, cependant, si vous n’avez pas de carte pour illuminer les bouddhas, il faudra demander de l’aide au gardien du temple. Ce dernier pourra alors déclencher un véritable spectacle lumineux de 15 minutes, dans lequel vous pourrez admirer une multitude de bouddhas qui changent de couleurs au fil du temps, créant ainsi divers motifs resplendissants qui prennent vie au sein de l’édifice. À mi-chemin entre traditionalisme et technologie, le temple Koukokuji est une perle rare à découvrir sans plus attendre !

Pour les infos pratiques, le temple bouddhiste Kōkokuji se trouve à 10 minutes à pied de la sortie Ouest de la gare Ushigome-Yangicho sur la ligne Oedo au 2-20 Haramachi, Shinjuku-ku, Tokyo 162-0053.

 

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