Hitoyoshi Onsen Motoyu, un bain du quotidien d’une discrète singularité
Dans sa “Chronique du bain”, Kundō Koyama fait du “yudō”, la « voie du bain », un pilier de la culture japonaise traditionnelle.
Le scénariste Kundō Koyama milite pour la reconnaissance du yudō, la « voie du bain », au même titre que le sadō, la voie du thé ou le kadō, la voie des fleurs, comme élément fondamental de la culture japonaise traditionnelle. Il se plonge à travers tout le Japon dans différents types de bains, des sources chaudes (onsen) aux bains publics (sentō) en passant par les baignoires domestiques. Dans chaque numéro de Pen, il consigne ses voyages dans sa « Chronique du bain ».
Hitoyoshi Onsen Motoyu (ville de Hitoyoshi, département de Kumamoto)

Kundō Koyama se baignant dans le Hitoyoshi Onsen Motoyu.
Mon premier bain de 2025 fut celui de Motoyu, à Hitoyoshi Onsen, dans le département de Kumamoto. Son nom, qui signifie littéralement « source originelle », semblait particulièrement approprié pour une baignade effectuée le jour de l’an.
D’emblée, le bâtiment s’impose par une présence digne. Fondé en 1934, il ne se situe pas au sein d’un quartier thermal animé, mais discrètement dans une zone résidentielle, non loin des ruines du château de Hitoyoshi. Il apparaît immédiatement que cet établissement a longtemps coexisté avec la vie quotidienne des habitants du quartier.
Dans le vestiaire, imprégné d’une odeur légèrement nostalgique, il faut ensuite ouvrir une porte vitrée menant au bain. Un seul bassin, parfaitement carré, compose l’ensemble. Cette retenue dans le dispositif, réduit au strict minimum de points d’eau, possède en elle-même une forme d’évidence esthétique. La lumière du jour entre largement par les grandes baies vitrées et éclaire la vapeur qui s’élève.
Le bain est alimenté exclusivement par une source jaillissant en continu, sans ajout d’eau ni chauffage. L’eau, légèrement alcaline et généreusement abondante, est maintenue à une température presque idéale d’environ 42°C. Il s’agit sans aucun doute d’un bain réputé pour ses vertus embellissantes, mais son attrait tient précisément au fait qu’il ne les revendique jamais de manière ostentatoire. On peut s’y immerger longuement sans éprouver de fatigue. Il s’agit d’un onsen idéal pour la vie quotidienne. Certains habitués s’y rendent jusqu’à quatre fois par jour.
En 2020, Hitoyoshi a été frappée par des inondations dévastatrices. De nombreux établissements thermaux de la région ont été endommagés, et certaines auberges ont dû fermer. Motoyu a lui aussi été fortement touché, mais, de manière presque miraculeuse, sa source est restée intacte.
« Nous avons pu continuer depuis l’époque de mon arrière-grand-père grâce aux habitants de cette ville qui aiment ce bain », confie M. Arichi, l’actuel propriétaire.
Peut-être est-ce précisément parce que la catastrophe a eu lieu que le quotidien ordinaire prend aujourd’hui une valeur inestimable. Pour la communauté locale, ce lieu constitue à la fois l’origine du réconfort et une source de vitalité. À tous égards, il s’agit véritablement d’un motoyu — une source originelle.
Hitoyoshi Onsen Motoyu
Adresse : 9 Fumotomachi, Hitoyoshi City, département de Kumamoto
Téléphone : +81 096 632 8632
Horaires : 7h00–12h00 / 14h00–22h00
Entrée : adultes 300 ¥ / enfants 100 ¥ / nourrissons 50 ¥
hitoyoshionsen-motoyu.jimdosite.com/
À environ cinq minutes en voiture de la gare JR de Hitoyoshi. Situé à proximité des ruines du château de Hitoyoshi, l’établissement constitue également une halte idéale après une promenade dans les environs. Fondé en 1934, ce bain public au style rétro fonctionne selon la devise : « la propreté avant tout ».

À la réception, M. Arichi accueille les visiteurs avec un sourire chaleureux. Les bains, pour les hommes comme pour les femmes, sont entièrement alimentés par une source naturelle en libre écoulement, sans ajout d’eau ni chauffage.