Kyoto Sento Monzen-yu, un bain public de quartier au rythme des saisons
Près du temple Daitoku-ji, ce “sentō” est réputé pour la douceur de son eau souterraine et ses rituels célébrant les saisons.
Kyoto Sento Monzen-yu (Kyoto, département de Kyoto)

Kundō Koyama se baignant au Kyoto Sento Monzen-yu.
J’ai un jour réalisé un film intitulé Yudō, littéralement, « la voie du bain ». Il raconte l’histoire d’un architecte qui exerce en ville et qui, après le décès de son père, décide de démolir le sentō familial pour construire un immeuble d’habitation. Mais au fil de ses rencontres avec les habitués qui fréquentent les lieux, il se prend d’affection pour ce bain public et choisit finalement de le préserver.
Le propriétaire de Monzen-yu, M. Yoshimoto, est lui aussi architecte de première classe. Plutôt que de reprendre le sentō fondé par son grand-père quatre-vingt-dix ans plus tôt, il avait intégré un cabinet d’architecture. Mais la disparition soudaine de son père l’a conduit à revenir sur ses pas. Aujourd’hui, il veille sur l’établissement en tant que troisième génération à sa tête, tout en poursuivant son activité d’architecte. Lorsqu’il a découvert Yudō, il se serait exclamé : « C’est exactement mon histoire ! »
Il est également aujourd’hui l’une des figures de proue du monde des sentō de Kyoto, en sa qualité de président de l’Association des bains publics du département de Kyoto. Depuis la fin de l’année dernière, il a réuni les bains publics de toute la ville autour d’une initiative baptisée « 24 Solar Terms Bath Tour ».
Les vingt-quatre périodes solaires (nijūshi sekki) sont un ancien calendrier qui divise l’année en vingt-quatre étapes correspondant aux subtiles évolutions du climat et de la nature. À chaque période – de la Grande Neige au Solstice d’hiver, du Petit Froid au Grand Froid, puis du Début du printemps à l’Eau de pluie –, les visiteurs reçoivent un autocollant illustré d’une œuvre de style Nippon-ga réalisée par l’artiste Tarō Yamamoto. Certains les collent dans un carnet dédié afin de réunir les vingt-quatre motifs saisonniers. D’autres préfèrent parcourir tous les sentō participants pour y récolter les tampons. Aujourd’hui, les plus passionnés se lancent même le défi d’accomplir ces deux collections.
À Kyoto, de nombreux sentō sont alimentés par des eaux souterraines, dont la douceur confère à l’eau des bains une qualité incomparable. S’y immerger tout en ressentant les bienfaits de la nature et le passage des saisons est un véritable luxe. Les bains du matin, baignés par la lumière de l’aube, offrent une expérience particulièrement exceptionnelle.
Animé par le désir de partager ce bonheur avec le plus grand nombre, M. Yoshimoto se lève chaque matin à sept heures pour mettre les bains en chauffe. La journée, il dessine des plans d’architecture. Puis, une fois le sentō fermé à deux heures du matin, il nettoie les bassins avant d’aller se coucher vers trois heures.
Connaître l’histoire qui se cache derrière ces lieux donne envie, une fois plongé dans l’eau chaude, de joindre les mains en signe de gratitude, comme on le ferait après une visite au tout proche temple Daitoku-ji.
Kyoto Sento Monzen-yu
Adresse : 29 Murasakino Monzen-chō, arrondissement de Kita, Kyoto, département de Kyoto
Téléphone : +8175-492-2314
Horaires : 9h00–12h00 / 15h00–2h00 du matin, du lundi au mercredi et du vendredi au samedi ; 9h00–2h00 du matin le dimanche
Fermé le jeudi
Tarifs : adultes 550 yens / élèves d’école primaire 200 yens
1010.kyoto/spot/monzenyu/
Le « 24 Solar Terms Bath Tour », qui rassemble l’ensemble des sentō de la ville de Kyoto, se poursuit jusqu’au dimanche 6 décembre de cette année.

Situé à cinq minutes à pied de l’arrêt de bus municipal Daitokuji-mae, Monzen-yu dispose d’un bain en plein air, d’un sauna et d’un bain froid, et propose également des bains matinaux. Sur la photo, M. et Mme Yoshimoto, qui gèrent l’établissement. À droite, M. Yoshimoto, propriétaire de troisième génération, se consacre aux tâches essentielles effectuées en coulisses, comme la mise en chauffe des bains, tandis que des membres de sa famille et des proches tiennent le comptoir d’accueil.