Aux sources du minimalisme avec Kyle Chayka
L’écrivain américain questionne dans “The Longing for Less” la manière dont les espaces vides sont devenus un luxe.

© Bloomsbury
Kyle Chayka a grandi dans le Connecticut, Etat rural américain, dans une maison plus ou moins ordonnée et surtout remplie presque à ras bord d’objets. Un style de vie en parfait décalage avec celui prôné depuis quelques années par des personnalités désormais influentes dont Marie Kondo est la plus célèbre représentante : le minimalisme, soit l’art de réduire ses possessions au strict nécessaire.
Un grand écart qui a motivé Kyle Chayka à, comme il explique en préambule de son ouvrage, « découvrir les origines de la pensée qui estime que “moins” pourrait être mieux que “plus” – dans les possessions, dans l’esthétique, dans la perception sensorielle et dans la philosophie avec laquelle nous abordons nos vies. »
Le minimalisme autour du monde
Kyle Chayka, qui écrit notamment pour Rolling Stone ou pour le New York Times Magazine, avait signé dans ce dernier en 2016, un essai intitulé “The oppressive Gospel of Minimalism”. The Longing for Less en est son prolongement. Il y fait voyager le lecteur des lofts immaculés de Manhattan aux temples zen de Kyoto. Multipliant ainsi les plongées dans le passé pour éclairer les racines de ce mode de vie qui est aujourd’hui devenu selon lui une identité dénaturée par le marketing et réservée aux classes les plus aisées.
The Longing for Less brosse rapidement, comme une étape narrative indispensable, le portrait des nouveaux gourous du vide et de leur plateforme favorite, Instagram, mais prend rapidement le large pour s’intéresser à ce concept esthétique qui touche des domaines aussi multiples que l’art, l’architecture, la musique ou encore la philosophie, en convoquant par exemple le travail du plasticien Donald Judd ou du compositeur John Cage. Un ouvrage source de nombreuses découvertes pour celles et ceux prêts à dépasser les couches les plus superficielles d’un mode de vie qui a commencé à exploser après la crise financière américaine de 2008.
The Longing for Less (2020), par Kyle Chayka publié aux éditions Bloomsbury Publishing, uniquement en anglais.

© Gregory Gentert
LES PLUS POPULAIRES
-
Un artisanat ancré dans la nature et les paysages du quotidien d’Okinawa
Ai et Hiroyuki Tokeshi emploient du bois d'Okinawa, très contraignant, en héritiers d'une tradition locale du travail du bois et de la laque.
-
Yoichi Ochiai, l'artiste à l'origine du pavillon de “media art” de l'Exposition universelle d'Osaka 2025
Lauréat des Pen Creator Awards 2025, il revient en interview sur son œuvre immersive qui traduit en art l’expérience de la « Digital Nature ».
-
« Voir ceux de mon âge, ou plus jeunes, réussir me rend nerveux »
Dans “Guide de survie en société d'un anti-conformiste”, l'auteur Satoshi Ogawa partage ses stratégies pour affronter le quotidien.
-
Sanbonmatsu-yu, un “sentō” où méditer sur la valeur de la paix
Dans sa “Chronique du bain”, Kundō Koyama fait du “yudō”, la « voie du bain », un pilier de la culture japonaise traditionnelle.
-
La statue de Hachiko, un symbole de fidélité envers l’homme
Située devant une sortie de la gare de Shibuya, à Tokyo, cette figure de bronze rend hommage à un chien devenu célèbre dans le monde entier.



